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[Rencontre] Point Afrique : solidarité et développement local par Maurice Freund

21 septembre 2008 326 views Aucun commentaire

Maurice Freund, gérant de Point-Afrique

Maurice Freund © Anthony Nicolazzi

 

Maurice Freund, président de la coopérative de voyageurs, Point Afrique a une vision intéressante de la solidarité et de l’entraide internationale. Personnage haut en couleurs, audacieux, passionné, il est aussi « l’inventeur » du vol charter en France. J’ai eu la chance de parler avec lui des problématiques de développement local en Afrique. Une belle rencontre.

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Point Afrique bouleverse le marché de l’aérien

Point Afrique a su bouleverser le marché de l’aérien en acheminant directement les voyageurs sur les lieux de trekking, en dehors des destinations touristiques bien fréquentées. Point Afrique maintient des liaisons aériennes aux prix les plus bas possible afin de créer des flux touristiques suffisants pour permettre le développement local de destinations comme Gao, Atar, Tamanrasset, Mopti, Agadez, Niamey mais aussi Bamako, Ouagadougou, et plus récemment Ghardaïa (Algérie). Ce choix tactique a permis de désenclaver des régions en voie de développement et de leur fournir un apport économique durable. Il ne s’agit pas seulement de créer un marché touristique, mais aussi permettre aux communautés africaines établies en France de ne pas couper le lien social avec leur terre d’origine.

 

 

L’échange comme vecteur de solidarité équilibrée

Maurice Freund ne souhaite pas parler d’aide mais d’échange. Dans l’aide, il y a une notion d’assistanat qui est à proscrire, alors que l’échange est un rapport équilibré entre deux parties égales. Comme dit l’adage, «La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit ». La relation de solidarité doit donc s’appuyer sur une relation égalitaire, une coopération plutôt qu’une soumission. La recherche de cette relation juste et équilibrée passe par des échanges sains où l’autre est simplement notre égal.

 

L’autonomie des populations locales comme clé du succès

« Une aide efficace et réussie doit être limitée dans le temps et doit pouvoir fonctionner sans nous ». Pour faire en sorte que le maximum d’argent reste dans un pays, il faut donner aux locaux les moyens d’acquérir l’autonomie en permettant aux personnes de créer une activité. L’apport de l’activité touristique dans certaines régions est un moyen d’impulser un développement local, où les locaux gagnent leur vie par le biais d’un travail où la notion de dignité est omniprésente. En effet, respecter l’autre, c’est aussi lui donner les moyens de s’assumer seul. Pour reprendre l’expression de Maurice Freund, nous devons « Garantir le terme de l’échange ».

 

Cette rencontre avec Maurice Freund m’a permis de mieux appréhender les problématiques de coopération internationale. La solidarité comme acte à hiérarchie verticale qui supprime les relations d’égal à égal et impose une vision occidentale du monde est à bannir. Ne perdons pas de vue que l’aide n’est pas une fin en soi, mais simplement un moyen, un passage, une étape à repenser dans sa globalité, en changeant de référentiel.

 

A nous, dans nos activités professionnelles ou de loisirs, dans nos choix, de faire la différence. Et si nous repensions la notion de solidarité ?

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